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« Le changement doit se faire par l’éducation » Interview de Mylène L’Orguilloux, fondatrice de MILAN AV-JC

Modéliste de formation, Mylène L’Orguilloux est la fondatrice de la marque de mode zéro déchet MILAN AV-JC. Avec ses patrons étudiés au millimètre près, elle souhaite partager sa philosophie et trouver une solution au problème des déchets engendrés par l’industrie textile. Rencontre avec une passionnée, qui souhaite inciter à la création responsable plutôt qu’à l’achat compulsif.

Découvrez le travail de Mylène L'Orguilloux, créatrice de MILAN AV-JC, une marque de patrons qui met le zero waste design au centre de sa démarche.

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MILAN AV-JC, la marque de patrons zero waste

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

J’ai d’abord effectué un BEP et un Bac Pro Métiers de la mode et des industries connexes, puis j’ai enchaîné sur un BTS Industrie des matériaux souples. Je suis ensuite partie pendant plusieurs mois en Australie pour apprendre l’anglais. Une fois de retour en France, j’ai été embauchée par Lectra (leader des solutions technologiques dans le secteur textile.)

Quel était votre rôle chez Lectra ?

Je travaillais au siège, à Bordeaux, au support technique. J’étais chargée de venir en aide aux clients de l’entreprise, de leur apprendre à utiliser les différents logiciels de CAO publiés par Lectra (stylisme, modélisme, création de matière…) Ces outils sont ce que l’on appelle des logiciels de pre-manufacturing, tout ce qui vient avant la découpe du vêtement.

C’est à cette période que vous avez commencé à vous interroger sur le zero waste design ?

Oui, car en parallèle de mon métier, je me questionnais sur mon rôle dans l’industrie textile, sur ce à quoi je contribuais. C’est à cette époque que l’on commençait à entendre parler des dérives du secteur, notamment à la suite de l’effondrement du Rana Plaza, au Bangladesh. En faisant des recherches, j’ai réalisé qu’en plus des données sociales ressortaient des données écologiques pas très glorieuses… Je me suis alors donné le défi de boycotter les grandes enseignes avec qui je travaillais chez Lectra, en créant mes vêtements plutôt qu’en les achetant. En cousant mes propres créations, je me suis retrouvée avec énormément de déchets de coupe dont je ne savais pas quoi faire. C’est en cherchant une solution à ce problème que j’ai découvert la philosophie du zero waste design, déjà adoptée par des designers aux quatre coins du monde.

Découvrez le travail de Mylène L'Orguilloux, créatrice de MILAN AV-JC, une marque de patrons qui met le zero waste design au centre de sa démarche.

Comment cette découverte a-t-elle influencé la création de MILAN AV-JC ?

Tous les créateurs que j’avais repéré travaillaient essentiellement manuellement, à échelle réelle et directement sur le tissu. En tirant profit de ma connaissance des logiciels 3D, j’ai souhaité aller plus loin dans l’étude du zero waste design. J’ai quitté Lectra en 2016 et l’année suivante j’ai lancé le projet MILAN AV-JC, afin de me consacrer à la recherche de nouvelles formes de vêtements, tout ça grâce au prototypage 3D. Une grande partie de mon temps est également consacrée à la sensibilisation au design zéro déchet dans des écoles de mode et des entreprises, ainsi qu’à l’animation de formations au prototypage 3D.

C’est important pour vous de transmettre cette philosophie, notamment à des étudiants ?

Oui, car je considère qu’il y a assez de marques de vêtements sur le marché et qu’en créer de nouvelles n’a pas grande utilité. Il y a déjà assez de produits disponibles pour s’habiller pendant des années. Selon moi, le changement doit se faire par l’éducation, c’est pourquoi j’essaie d’inculquer ma démarche à une future génération de créateurs, pas encore formatés. Partager mon savoir est extrêmement important et j’aimerais que les créateurs se voient comment des collaborateurs, plutôt que comme des concurrents.

Vous intervenez également au sein d’entreprises. Quel regard ces dernières portent-t-elles sur votre démarche ?

Des acteurs importants du secteur sont intéressés par MILAN AV-JC et m’observent de loin. Cependant, rien de concret n’a pour l’instant été mis en place, car le zero waste design fait peur et implique une remise en cause des procédés de création. Dans un process conventionnel, le styliste fait son dessin, puis transmet les infos au modéliste qui, lui, entre en contact avec l’optimisateur de matière. C’est un cheminement très linéaire, où la communication a peu de place. L’idée du design zéro déchet est de mettre en place une vraie collaboration entre ces trois métiers, que le styliste ne soit pas le seul à prendre les décisions importantes. Un deuxième frein est le manque d’études économiques à ce sujet. À cause de ça, ce que les entreprises retiennent du zero waste design est une augmentation du temps de développement du produit.

Hormis la philosophie zéro déchet, qu’est-ce qui inspire vos créations ?

L’architecture, la géométrie… Ce qui rejoint en quelque sorte le zero waste design, où tout est question de géométrie, une sorte de puzzle grandeur nature. Sinon, j’aime les environnements « bruts », la notion de minimalisme, ce qui peut se ressentir dans les coupes que je propose. Bien-sûr, pour que le plus grand nombre s’identifie à mon offre, j’essaie de proposer des produits dans l’air du temps, tout en y apportant ma touche personnelle.

 

 

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Comptez-vous un jour vendre des produits finis sur votre site, plutôt que des patrons ?

Non, ça ne m’intéresse pas du tout car je ne suis pas dans l’optique de vendre des produits finis. Ce qui m’intéresse c’est le digital, tout ce qui est dématérialisé, vendre des patrons sur mon site me convient donc parfaitement ! Toujours dans cette démarche de création zéro déchet, je ne propose mes patrons qu’en PDF. Je ne vois pas l’intérêt de gâcher du papier en imprimant cent patrons, si seulement cinquante sont vendus.

Vous étiez l’une des lauréates de l’appel à projet #MAKEUSES, visant à féminiser le secteur de la tech. Qu’est-ce que ce que vous avez ressenti en voyant votre travail récompensé ?

C’était très gratifiant de recevoir ce prix alors qu’environ 80 projets étaient en lice. Au-delà de cette récompense personnelle, je trouve ça vraiment bien que des appels à projet incitent les femmes à s’intéresser à la tech et au numérique, des milieux encore majoritairement masculins.

Plus d’infos :

www.milanavjc.com
instagram.com/milan_avjc

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