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Mode responsable : où en est l’industrie textile ?

Alors que les termes eco-friendly et zéro déchet sont entrés dans les mœurs, tous les yeux sont rivés sur un secteur en particulier : celui de la mode. Une des industries les plus polluantes du monde (aux côtés du pétrole et de l’agriculture), elle utilise en masse des produits chimiques et, selon la Banque mondiale, était responsable en 2016 de 20 % de la pollution d’eau dans le monde. Où en est la mode aujourd’hui et quels sont ses engagements pour un futur plus responsable ?

L'industrie textile produit chaque année plusieurs millions de tonnes de déchets. Constat sur le monde de la mode à l'heure du zero waste.

©Haizkora / Adobe Stock

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Un constat écologique inquiétant

Saviez-vous qu’environ 2700 litres d’eau sont utilisés pour produire le coton nécessaire à la création d’un simple t-shirt ? (1) Ou que le transport et la production de textiles engendrent chaque année 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre ? (2) Alors que de plus en plus de personnes s’essaient à une vie plus respectueuse de l’environnement et adoptent une démarche zéro déchet dans leur consommation quotidienne, peu réalisent que le simple fait d’acheter une nouvelle paire de jean tous les mois contribue à un affaiblissement des ressources mondiales.

À l’heure où le fast fashion permet aux amoureux de mode de renouveler leur garde-robe quand bon leur semble, la consommation de vêtements serait en passe de dépasser les 102 millions de tonnes en 2030, contre 62 millions aujourd’hui. Une augmentation de 63 %, aux effets destructeurs sur l’environnement. (3) Un changement dans les habitudes de consommation, mais également dans la façon dont l’industrie textile conçoit ses produits est, plus que jamais, indispensable. Pour que ce changement voit le jour, de nombreux activistes réclament des acteurs du secteur une prise de conscience et une plus grande transparence. C’est par exemple le cas d’Orsola de Castro, co-fondatrice du groupe Fashion Revolution et activiste, qui déplore la destruction de stocks, une pratique opérée par de nombreuses marques de luxe pour se débarrasser de leurs invendus, là où le recyclage serait l’une des solutions les plus adaptées.

Une des industries les plus polluantes du monde, la mode engendre des plusieurs millions de tonnes de déchets tous les ans. Une situation écologique inquiétante.

©supakorntv9 / Adobe Stock

La célèbre marque anglaise Burberry, qui avait recours à ce procédé, s’est récemment engagée à y renoncer, préférant adopter une stratégie privilégiant la réutilisation, la réparation, la donation et le recyclage de produits non écoulés. Pour Marco Gobbetti, directeur général du groupe, le luxe se doit d’être « responsable socialement et vis-à-vis de l’environnement ». Un pas en avant dans une industrie pointée à juste titre du doigt. Mais l’impact écologique de la mode, aussi important qu’il soit, n’est pas le seul domaine dans lequel des efforts doivent être faits. Le traitement de ses employés en est un autre, et ce malgré la catastrophe du Rana Plaza au Bangladesh, en 2013, un des accidents industriels les plus meurtriers de l’histoire.

Des salariés toujours dans la précarité

Véritable électrochoc dans l’industrie textile, l’effondrement de l’immeuble de huit étages —qui comptait entre ses murs plusieurs ateliers de confection— a fait plus de 1 130 morts et environ 2 500 blessés. En réponse à ce drame, de nombreuses marques et entreprises s’étaient engagées à agir pour améliorer les conditions de travail de leurs salariés en signant l’Accord sur la sécurité incendie et la sécurité des bâtiments. Depuis, des progrès ont été faits en matière de sécurité. Les usines sont fréquemment inspectées et cette pratique n’est plus considérée comme un luxe, mais comme une obligation. Depuis la signature de l’accord, un grand nombre d’infractions ont été corrigées, notamment par la construction de sorties de secours ou l’installation d’alarmes incendie.

Cependant, bien que l’amélioration de la sécurité des travailleurs soit une excellente nouvelle, leurs droits sont encore largement bafoués. Les militants syndicaux sont régulièrement harcelés et font l’objet de sévères répressions de la part des autorités. Les entraves à la liberté d’organisation sont encore courantes dans les usines bangladaises. Selon le collectif Éthique sur l’étiquette, licenciements abusifs et menaces sont largement pratiquées par les patrons d’ateliers, de sorte à étouffer tout type de revendication.

En ce qui concerne le niveau de vie des travailleurs bangladais, bien qu’une augmentation faisant passer leur salaire à environ 57 € par mois ait été votée en 2014, l’inflation aurait effacé toute amélioration de leur niveau de vie. Pire encore, selon Mark Anner, chercheur à l’Université de Pennsylvanie, les ouvriers auraient connu une baisse de leurs revenus de plus de 6 %. Aujourd’hui encore, ils restent les salariés de l’industrie textile les moins bien payés au monde.

Si les conditions de sécurité dans les usines textiles se sont améliorées depuis l'incident du Rana Plaza, les travailleurs de l'industrie textile vivent toujours dans la précarité.

©nd3000 / Adobe Stock

Pour lutter contre les dérives des multinationales implantées en France, la loi relative au devoir de vigilance des sociétés était votée en 2017. Cette loi, qui a pour objectif de rendre juridiquement responsables les entreprises pour leurs atteintes aux droits humains et à l’environnement à travers le monde, est la première de ce genre à être adoptée.

Ralentir la production, à l’heure de la fast fashion

Depuis l’avènement de la fast fashion, le cycle de vie d’un vêtement s’est vu nettement réduit. Des coûts très bas et une offre constamment renouvelée contribuent à ce sentiment de lassitude des consommateurs, qui préfèrent acheter de nouveaux produits à bas prix et pile dans la tendance, plutôt que d’investir dans des pièces de meilleure qualité.

Bien qu’une majeure partie des grandes enseignes enregistrent d’excellents résultats, de nouvelles philosophies de consommation apparaissent et se font une place dans la mode. C’est par exemple le cas du slow fashion, qui souhaite mettre un terme à cet excès de consommation et, surtout, responsabiliser les acheteurs. Qualité plutôt que quantité, recyclage et réutilisation, friperies… les façons d’adopter cette démarche sont nombreuses.

Dans la deuxième partie de notre dossier, nous nous intéresserons à certaines figures du slow fashion, mais également aux précurseurs d’une mode éco-responsable, dont font partie de très grands noms de la mode.
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(1) WWF – The Impact of a Cotton T-shirt – 2013
(2) Institut national de l’économie circulaire – L’économie circulaire dans l’industrie textile – 2018
(3) Global Fashion Agenda – Pulse of the Fashion Industry – 2017

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